Louise Bourgeois
mai 19, 2008, 8:15
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Organisée par le Centre Pompidou du 05 mars au 02 juin en collaboration avec la Tate Modern de Londres, cette exposition rétrospective de l’oeuvre de Louise Bourgeois présente plus de 200 oeuvres (peintures, sculptures, installations, dessins, gravures, objets) réalisées entre 1940 et 2007. Elle insiste particulièrement sur les dix dernières années de création de cette artiste âgée de 96 ans qui ne cesse de renouveler son langage artistique.
Née en France en 1911 et vivant à New York depuis 1938, Louise Bourgeois est une des artistes majeures de la fin du 20e et du début du 21e siècles. Traversant divers mouvements artistiques comme le surréalisme, l’expressionnisme abstrait, le minimalisme, elle développe un langage personnel qui rejoint les pratiques les plus contemporaines et exerce une grande influence sur de nombreux artistes. Son oeuvre, qui oscille entre figuration et abstraction, obéit à une logique subjective, basée sur l’émotion, la mémoire, la réactivation des souvenirs d’enfance.

Si Louise Bourgeois était peintre, elle serait Francis Bacon (pour leurs goût partagés d’un corps fragmenté, dépecé, comme pour mieux y mettre à nu un cœur vivant, battant). Ecrivaine ? elle serait Marguerite Duras (pour leur préférence pour un langage froid et diablement direct, sans demi-mesure, avec personnages profonds et thèmes psychologiques). Avec ces deux éclairages-clés, Louise Bourgeois, artiste plasticienne, ça donne des pièces fortes, précises, implacables (gravures, dessins, peintures, sculptures, installations) qui ne laissent jamais le spectateur en paix et jouent volontiers, dans une exposition, aux éléments perturbateurs : autant par leur titre (Destruction of the Father) que par leur contenu. Ce sont toutes ces facettes, vives et énergiques, déstabilisantes et au regard cynique, que l’exposition de la Tate Modern s’attache magnifiquement et manière dense (10 salles) à mettre en lumière au travers de quelques-unes des 200 œuvres de l’artiste, allant ses débuts à Cell (Eyes and Mirrors) (1993), en passant par The Blind Leading the Blind (1949).
“Dans mon art, dit-elle, je suis l’assassin. Je ressens le supplice de l’assassin, celui qui doit vivre avec sa conscience. Comme artiste, je suis un être puissant. Au quotidien, je suis comme une souris derrière le calorifère”.


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