It’s a free world

On est beaucoup à avoir eu une période de recherche d’emploi ou entre le rendez-vous ANPE et le rendez-vous aux ASSEDIC on se sentait vraiment mal. On est nombreux a avoir connu (ne serait ce que quelques heures) le sentiment d’être en marge de la société, de refuser de se raccrocher a ce nouveau statut, de chômeuse, rmiste, licencié, plus d’étude pas encore d’emploi, ce qui s’appelle au mieux stagiaire.

On a lutté, on s’est senti vide, nu, nul. On a ramé, galéré. On a pensé avoir touché le fond, qu’il n’y avait pas plus bas. Hier, je suis allée au cinéma pour passé une bonne soirée a deux. Comme d’habitude, je m’en remets pour le choix du film a Allociné, une rapide sélection par les VO, et là le choix tombe très vite sur le dernier de Ken Loach.

Le titre est engagent It’s a free world, je soupçonne l’ironie du réalisateur, mais je n’ai que 10 min pour acheter un billet sur sncf.com (c’est comme l’essence, c’est l’inflation constante) sauter sur mon scooter et courir acheter mes places de ciné, ce qui me laisse peu de temps pour appréhender les deux heures qui vont suivre.

Assise dans mon fauteuil MK2, je commence à avoir le temps de me souvenir de qui est Ken Loach.

Réalisateur engagé, peintre de notre société contemporaine. Ken Loach, ne fait pas de film à l’eau de rose avec des happy end. Il ne fait pas non plus de film comique. Il nous montre notre société capitalisme avec des yeux juste. Il nous montre ce que l’on essaye souvent de ne pas regarder en face, d’oublier. Je me souviens de « my Name is Joe », « Bread and Roses », « Just a Kiss », “de la palm d’or avec “le vent se lève”. Je sais maintenant que ce que je vais regarder ne va pas me détendre. Je sais que l’image sera juste, si exact que on pourra se perdre entre le reportage et le film. Les personnages sont tristement réalistes.

L’actrice principale, Angie (Kierston Wareing), va être obligé pour relever sa propre destinée, de marcher sur le reste de la société. Elle va devoir mentir, voler, trahir, fuir, écraser autrui.

 

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Elle va devenir une entrepreneuse pourrie jusqu’a la moelle, un chef d’entreprise véreuse et vénal. Rien ne l’arrêtera plus  même pas la misère de sa propre vie.

Son  désir d’être humaine est finalement bannit, la nature reprend le dessus et fait de Angie un monstre. Les émotions comme dans tous les films de ce grand réalisateur sont brutes, efficaces. Le rythmes est vif pour traiter d’un sujet qui nous laisse tous écorché vif, les immigrés, les clandestins, les laissés de coté.

Ken Loach frappe fort car ses personnages qui essayent de se relever ploient sous le poids de l’injustice et de l’engrenage de la misère. L’héroïne pas si héroïque que ça se débat dans un monde trop grand pour elle, ou il faut jouer des coudes et avoir des épaules largues comme celle d’un géant. Ce que j’aime avec les films de Ken Loach c’est que l’on part au cinéma pour deux heures de détente et que l’on repart avec trois semaines de culpabilité, cinq de dépression, une de d’autocritique  et des millénaires d’insouciance en moins. Pour une soirée Love ! C’est réussit.